Savoir-faire
Pourquoi l'autonomie numérique compte
Version 1.0 · Publié le 2025-04-11
Aux Pays-Bas, nous maîtrisons la gestion de l’eau : nous avons construit des digues, des canaux et des ouvrages de protection contre les inondations qui font de nous des leaders mondiaux en la matière. Quand une grosse tempête frappe, nous n’attendons pas que quelqu’un d’autre règle le problème : nous le résolvons nous-mêmes. C’est cela, l’autonomie. C’est garder le contrôle au moment où cela compte le plus.
Transposons maintenant cette idée au monde numérique. L’autonomie numérique, c’est comme gérer ces mers agitées, sauf qu’au lieu de l’eau, il s’agit de technologie et de données. Et voici le défi : aujourd’hui, de nombreux gouvernements, et par extension leurs industries, ne semblent guère se soucier de garder le contrôle de leur propre technologie. Ils confient à des entreprises et des plateformes étrangères des systèmes critiques comme l’e-mail, la communication, l’IA, et même l’infrastructure. Mais que se passe-t-il si ces entreprises changent leurs règles ? Ou pire, si des tensions géopolitiques les rendent peu fiables ? On se retrouve soudain à attendre au guichet d’assistance de quelqu’un d’autre, au lieu de résoudre le problème nous-mêmes.
Prenons un exemple simple : les e-mails. Une grande partie de nos e-mails est gérée par de grandes entreprises technologiques comme Microsoft. Cela veut dire que nos données, nos échanges privés, sont stockés sur des serveurs que nous ne contrôlons pas, souvent dans d’autres pays. Même si vous essayez de protéger votre vie privée en désactivant le partage de données, cela ne fonctionne pas toujours : une mise à jour de logiciels comme Windows ou Outlook peut réinitialiser ces réglages sans votre consentement, et annuler vos choix. Ce n’est pas de la véritable autonomie, c’est de la dépendance.
Et la dépendance comporte des risques. L’histoire nous en montre un exemple brutal. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont pu déporter les Néerlandais avec une efficacité redoutable, car nous disposions de registres de population détaillés qu’ils ont exploités. Des résistants ont détruit ces registres pour sauver des vies, une leçon puissante sur les dangers des données centralisées et du manque de contrôle. Pourtant, aujourd’hui, beaucoup semblent l’avoir oublié. Ils utilisent des plateformes comme Chrome ou WhatsApp sans penser aux risques pour leur vie privée, ni à qui contrôle leurs données.
Alors, comment résoudre cela ? La réponse tient dans la construction de nos propres systèmes : créer une technologie qui place le contrôle, la sécurité et la confidentialité au cœur de sa conception, dès le départ. En Europe, des entreprises le font déjà. Mon entreprise, Unless, propose par exemple une plateforme IA européenne pour des secteurs fortement réglementés comme la finance et la santé, avec une protection de la confidentialité intégrée à chaque niveau. Nous utilisons des outils avancés comme nos Coffres-forts confidentiels et des mesures de sécurité de premier plan, pour garantir qu’aucune donnée privée de nos clients n’atteigne jamais un modèle d’IA. Et si les circonstances géopolitiques changent ? Nous sommes prêts à remplacer certains éléments de notre socle technologique pour préserver notre indépendance.
Voilà à quoi ressemble l’autonomie numérique : prendre possession de sa technologie, pour pouvoir s’adapter et se protéger, quelles que soient les tempêtes à venir.